Obstacles sociaux au développement

Essentiellement, dans ce contexte, les jeunes ne peuvent être vus, mais pas entendus. De ce fait, il existe de nombreux autres codes sociaux, dont certains sont hilarants, d’autres raisonnables et d’autres carrément pathétiques. Voici quelques exemples courants : un jeune ne regarde pas un aîné dans les yeux, il doit toujours céder sa position à un aîné, et le code ridiculement dérisoire qui affirme qu’un jeune ne dit jamais qu’un aîné ment. En bref, dans toute interaction entre un aîné et un jeune – dans le contexte africain – l’aîné gagne – la tête ou la queue, indépendamment du fait que le jeune soit dans le droit ou non. (La question est encore plus complexe lorsque le jeune a plus d’un aîné, avec des intérêts, des personnalités et des exigences divergentes, à satisfaire).

Maintenant, les codes sociaux ne sont pas le problème en eux-mêmes car ils ont leurs avantages. Le problème réside dans les humains qui utilisent les codes et se cachent sous eux pour dissimuler leurs défauts et leurs faiblesses. Le problème est que les codes, qui sont destinés à être limités aux cercles sociaux et aux relations, ont été transposés et introduits dans des relations professionnelles et officielles, ce qui non seulement restreint la présence des jeunes sur le lieu de travail, mais étouffe sérieusement la créativité et l’innovation et tue la motivation des jeunes professionnels pour le développement en Afrique. Paradoxalement, l’Afrique est le continent qui a le plus besoin de la plus grande productivité de ce segment important de sa démographie – actuellement plus de soixante-dix pour cent de sa population.

Et, c’est l’une des structures fondamentales des sociétés africaines qui devront être revisitées et restructurées pour que tout développement durable se produise, c.-à-d. établir des bases solides et procéder à des ajustements structurels qui permettent aux aînés et aux jeunes de dialoguer sans qu’une catégorie ne se moque ou n’impose sa volonté à l’autre, et apporter des idées et des perspectives différentes au Conseil pour résoudre les nombreux problèmes insolubles de l’Afrique.

En vérité, les idées et les méthodes de la génération précédente ont été incapables de résoudre nos problèmes – et ce n’est pas pour les critiquer ou pour minimiser leurs contributions, mais pour faire valoir la nécessité d’un changement radical dans leur approche passée des problèmes. Un changement radical qui permet de mettre en avant des idées et des points de vue divers dans les discours et dans la prise de décision – en particulier de la part des jeunes qui ont tendance à apporter des idées plus fraîches, plus novatrices et audacieuses et qui ont les énergies pour les pousser.

Ayant grandi dans un monde différent et plus complexe – en raison d’une combinaison de facteurs comme la mondialisation et la concurrence intense qu’elle apporte entre les nations, les progrès technologiques et son énorme impact sur la vie quotidienne, y compris des communications et des idées plus rapides…partage, etc. Ces jeunes, surtout les plus instruits, les plus exposés et les plus éclairés, ont dû faire face à des problèmes plus complexes et les résoudre, différents de ceux que leurs pères ont dû affronter en grandissant. Ainsi, les ignorer comme inexpérimentés et naïfs – bien qu’ils puissent parfois l’être – comme les anciens sont plus enclins à le faire ne fera pas de bien au continent.

Toutefois, cet argument ne vise pas à faire valoir que les aînés devraient se retirer pour que les jeunes prennent leur place – car de telles opinions sont généralement mal interprétées pour signifier ou dire les deux extrêmes des deux groupes. Non! Cela ne fera qu’engendrer un autre désastre. L’objectif principal de cette pièce est donc de persuader la génération plus âgée d’Africains d’impliquer ou d’intégrer davantage les jeunes dans des processus visant à résoudre des problèmes critiques, et d’être plus tolérants et accommodants à l’égard des perspectives des jeunes sur les problèmes pour le plus grand bien et à des fins de développement.

De cette façon, les jeunes peuvent tirer parti de l’expérience des aînés et se tenir debout sur leurs épaules pour affiner leurs points de vue, leurs perspectives et leurs projections. tandis que les anciens peuvent exploiter les énergies des jeunes et maîtriser leurs excès d’une manière qui surmonte les obstacles sociaux au développement et au progrès de notre continent en retard. Image : relation intergénérationnelle : tirer le meilleur parti des meilleurs atouts des jeunes et des aînés!