Promouvoir l’agriculture biologique pour attirer les jeunes vers l’agriculture

Avec jusqu’à 9,3 milliards de personnes à nourrir dans le monde en 2050, il devient urgent de trouver des moyens d’augmenter la productivité agricole à travers l’Afrique, le deuxième continent le plus peuplé.

Une option mise au point jusqu’à présent par les humains consiste à « stimuler » la fertilité des sols au moyen d’engrais chimiques, mais cette option est-elle durable? Quelles sont les alternatives aux engrais chimiques?

Nous voyons maintenant que l’utilisation (excessive) d’engrais chimiques qui étaient censés aider à augmenter les rendements dégrade les terres et rend l’agriculture peu rentable pour les agriculteurs. Dans certains cas, lorsque les terres sont affectées par une dégradation avancée, les engrais chimiques apparaissent comme la panacée.

Mais ils ne le sont pas! Si l’on considère également les risques potentiels d’empoisonnement, de brûlures, de cancers, de malformations congénitales et de dégradation de l’environnement, les engrais chimiques doivent être utilisés avec une extrême prudence. Il y a un grand besoin de développer des alternatives, en aidant les agriculteurs à réduire l’utilisation des engrais chimiques; et idéalement : cesser de les utiliser complètement.

Promouvoir l’agriculture biologique comme alternative?

L’agriculture biologique est une alternative éprouvée pour promouvoir une utilisation plus durable des terres et de ses ressources

« L’agriculture biologique est l’une des meilleures pratiques pour assurer la durabilité environnementale. Il soutient la fertilité des sols, des écosystèmes et la santé des personnes. Il repose sur des processus et des cycles écologiques améliorés et adaptés localement, ainsi que sur la biodiversité naturelle, plutôt que sur l’utilisation d’intrants synthétiques et de matériaux génétiquement modifiés. » Ce sont là quelques-uns des mots par lesquels l’honorable Emmanuel T. Chenda, député et ministre de l’Agriculture et de l’Élevage de Zambie, a lancé la deuxième Conférence africaine sur l’agriculture biologique de 2012, intitulée « Mainstreaming Organic Agriculture in the African Development Agenda », qui s’est tenue en Zambie.

How organic farming is attracting youth

En Zambie, un groupe de volontaires parrainé par le British Council a tenu une réunion pour offrir une alternative aux engrais et permettre aux gens de cultiver plus et de « meilleures » denrées alimentaires, de manière durable. La transformation des déchets solides en compost a été l’une des techniques présentées.

Attirer les jeunes vers l’agriculture en Zambie rurale aura quelques conséquences : il ne s’agit pas seulement de cultiver plus de nourriture, mais aussi de réduire la dérive rurale-urbaine et d’avoir des impacts positifs sur un certain nombre de problèmes socio-économiques, tels que le VIH-Le sida pour lequel la Zambie a l’un des taux les plus élevés en Afrique.

Une autre expérience au Bénin

Au Bénin, où l’économie est basée sur l’agriculture, l’infertilité des sols est un problème. L’ONG « Actions pour l’Environnement et le Développement Durable » (ACED) basée au Bénin, encourage les agriculteurs à fertiliser leur sol à l’aide de compost fait de jacinthe d’eau du lac Nokoué (Lire la suite sur ce projet).

La plante est idéale pour le compostage : Après avoir retiré la jacinthe d’eau de son habitat (typiquement un lac ou un étang), elle peut être laissée sécher quelques jours avant d’être mélangée avec du frêne, du sol et du fumier animal. La décomposition microbienne décompose les graisses, les lipides, les protéines, les sucres et les amidons. Le mélange reste dans la pile de compost; la chaleur des climats tropicaux permet d’accélérer le processus et de produire un compost riche qui peut être appliqué directement sur le sol. Le compost de jacinthe d’eau augmente la fertilité du sol et le rendement des cultures et, en général, améliore la qualité du sol. Cette activité mobilise de nombreux jeunes ruraux qui ramassent la jacinthe d’eau et la transforment en compost à vendre aux agriculteurs.

Linking into the 6th Africa Agriculture Science Week

À Accra, du 15 au 20, la 6e Semaine africaine de la science agricole (AASW6) se concentrera sur le thème « L’Afrique alimente l’Afrique par la science et l’innovation agricoles ». Au cours de cet événement continental, de grandes organisations de développement agricole et de recherche se réuniront pour discuter de « ce que l’agriculture veut pour l’Afrique ». Une réponse est que nous avons besoin d’une agriculture qui produise suffisamment pour nourrir la population croissante de l’Afrique tout en protégeant les terres et les autres ressources naturelles pour les générations futures.

Quelles alternatives connaissez-vous pour réduire ou remplacer l’utilisation d’engrais chimiques en Afrique? br />Quelles sont les stratégies pour s’assurer que les agriculteurs les utilisent? br />

Partagez vos expériences, dans la section commentaires, pour renforcer une agriculture plus protectrice des terres en Afrique! Source : Blogpost original de Frejus Thoto, avec la contribution de John Birchall sur le FARA-AASW Blog. Photo courtoisie ACED Bénin